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Mise à jour le 19.01.2001
Information reprise avec l'autorisation d'ftpresse : Internet Actu
Par Jérôme Citron

Les professionnels floués par la taxe sur les supports numériques

Mardi 17 janvier, devant les députés, Catherine Tasca, ministre de la Culture et de la Communication, s'est rétractée : "Le gouvernement ne taxe pas les ordinateurs et n'a pas l'intention de le faire." Après deux jours de flottements, de grincements de dents et de déclarations tapageuses, la situation est claire. La taxe sur les Cd et DVD ne sera pas étendues aux ordinateurs. Aussi louable soit-elle, cette nouvelle ne doit pas faire oublier les problèmes posés par la taxation des supports numériques vierges.
Le calcul de cette taxe (applicable dès le 23 janvier) soulève en effet plusieurs interrogations. A l'origine, la volonté du ministère de la Culture, encouragé par le puissant lobby des artistes est de trouver un moyen de récupérer l'argent qui s'évapore à cause du piratage. L'idée progresse alors d'étendre aux supports numériques les dispositions de la loi Lang de 1985 sur les phonogrammes et les vidéogrammes. Depuis cette date, la Sacem reçoit de l'argent pour chaque cassette vidéo et audio vendue. Ceci pour rétribuer les artistes au titre de la copie privée (c'est-à-dire une copie faite par un particulier pour son usage personnel : une pratique tout à fait légale). Là est le noeud du problème. Le détournement de l'objectif premier de la loi conduit à des incohérences, dont les professionnels sont les premières victimes. "A l'Aproged (une association d'utilisateurs de stockages informatiques, Ndlr.), nous pensons qu'il est normal que le consommateur paie une redevance au titre de la copié privée, explique son représentant M. Chossart. Ce que nous trouvons scandaleux, c'est que les professionnels paient cette redevance, alors qu'ils n'ont pas le droit de faire de copie privée."
Leurs représentants ont donc réclamé d'être exonérés de cette taxe. Ou alors, dans le pire des cas, que son calcul tienne compte que la majorité des supports de stockage vendus ne sont pas utilisés pour la copie privée des oeuvres musicales ou cinématographiques. Une revendication qui n'a pas été prise en compte. Conclusion, les professionnels vont acheter des CD et DVD plus chers pour alimenter les caisses de la Sacem.

Les vrais victimes du piratage ne verront pas un centime

Ultime paradoxe, les premières victimes des pirates (les éditeurs de logiciels ou de jeux) ne verront pas un centime de cette nouvelle manne. En effet, la "copie privée" de leur création étant interdite, il n'y a aucune justification légale qui puisse les amener à réclamer une partie de l'argent à la Sacem.
Dans l'esprit de ce beau monde, la taxe sur les cassettes vidéo et audio fonctionnait dans l'indifférence générale et il n'y avait pas de raison que son extension soit sujette à polémique. Le ministère nomme alors une commission où siègent des représentants des consommateurs, des fabricants et des artistes. M. Brun-Buisson, conseiller maître à la Cour des Comptes dirige ce groupe de travail.
"Nous nous sommes réunis sous les ors de la République, une fois tous les quinze jours pendant six mois, raconte un participant. A la fin de l'année, le rythme a dû s'accélérer pour conclure avant le 31 décembre. Brun-Buisson avait des contraintes de temps." L'enjeu des débats : déterminer un mode de calcul pour fixer le montant de la taxe. Résultat des courses, seuls les représentants des artistes (50% de la commission) ont voté pour les sommes fixées. Les associations se sont abstenues pour protester contre le mode de calcul, et les fabricants et importateurs de supports d'enregistrement ont voté contre. La mesure n'est passée que grâce à la voie prépondérante d'un président... nommé par le ministère de la Culture. Les professionnels ont vraiment l'impression d'avoir été instrumentalisés.

La rétractation de Catherine Tasca
Achive La taxation des CD et DVD 1
Achive La taxation des CD et DVD 2
Le site de l'Aproged
et Une Petition ( http://www.vachealait.com/ )
et Deux petition ( http://www.atcd.fr.st/ )
© Internet Actu 18/1/2001
Et toujours :
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